Journée technique pommes de terre près de Morat

Ce jeudi 6 juillet 2023 a eu lieu à Cormondes/Gurmels (FR) une journée technique sur les pommes de terre organisée par l’Institut de Grangeneuve.

07.07.2023

Ce jeudi 6 juillet 2023 a eu lieu à Cormondes/Gurmels (FR) une journée technique sur les pommes de terre organisée par l’Institut de Grangeneuve. Choix variétaux, implantation, désherbage mécanique, irrigation, lutte contre les doryphores, évolutions du marché. Lors de l’événement destiné aux producteurs de pommes de terre, les principales étapes de la culture de pommes de terre ont été abordées sur deux demi-journées. Les quelque 70 agriculteurs ont participé selon leur préférence linguistique à l’une des deux sessions proposées sur une parcelle de la communauté d’exploitation Meuwly-Waeber à Cormondes/Gurmels, non loin du lac de Morat, en présence de spécialistes de cette culture.

Variétés robustes, la panacée?

Des essais sont menés jusqu’à cette année sur dix exploitations pour disposer de variétés plus robustes. Différentes variétés et modalités de traitement sont testées, a expliqué Andreas Keiser de la Haute école bernoise. L’objectif est de déterminer le coût global pour chaque itinéraire technique. Les variétés résistantes au mildiou s’avèrent très bien protégées contre cette maladie. Mais d’autres paramètres, tels que la taille ou la qualité de la chair, doivent aussi être pris en compte. Les résultats seront connus à l’issue de cette campagne.

Fertiliser dès la plantation

L’exploitant Beat Mathys de Cressier a présenté son combiné de plantation avec système de fertilisation des pommes de terre dès l’implantation, grâce à un kit de fertilisation monté cette année sur sa planteuse quatre rangs Miedema. Fourni par le Bavarois All-in-One, il comprend deux trémies de 1300 L de capacité, un système de transport pneumatique de l’engrais, une tête de répartition à quatre lignes, un cyclone et un coutre devant chaque cape de buttage. L’engrais est enfoui en profondeur à 8-10 cm sous le tubercule. Il reste ainsi à disposition de la plante dans l’humidité de la butte. Selon la quantité d’engrais apportée, l’allure de travail oscille entre 2 et 6 km/h. Tout l’engrais enfoui dans la butte peut être apporté en une seule fois sans risque de lessivage. Le combiné limitant le nombre de passages est animé par un tracteur de 210 ch, dont la puissance peut s’avérer limitante dans les parcelles en pente.

Le numérique au service de l'irrigation

L’agriculteur et agro-entrepreneur Beat Mathys, également gérant du syndicat d’arrosage de Cressier, a présenté l’outil RainDancer qu’il est le premier à utiliser en Suisse, depuis deux ans. L’équipement, piloté depuis un PC ou un smartphone lui simplifie la vie en automatisant les tâches d’irrigation, depuis la planification des tours d’eau jusqu’à l’édition de factures aux membres du syndicat, en passant par des apports optimisés en bout de parcelle et l’émissions d’alertes. Le système s’adapte sur tout enrouleur et canon quel que soit la marque. Les possibilités d’assistance au pilotage de l’irrigation au moyen de sondes capacitives du fournisseur RMA, logées dans la zone racinaire de la culture, ont été rappelées par Andrea Pestoni de Grangeneuve. Grâce au réseau de 275 sondes disséminées sur le plateau suisse, tout exploitant peut connaître les périodes où un tour d’eau devient nécessaire et optimiser les volumes d’irrigation (voir reseaudirrigation.ch/), en s’aidant de graphiques fournis par une application smartphone. Le coût d’investissement pour disposer d’une sonde dans l’une de ses parcelles s’élève à CHF 2500,- sans frais de fonctionnement additionnels.

Désherbage mécanique: des recommandations à suivre

Les différentes stratégies de désherbage mécanique des pommes de terre ont été évoquées par Claudia Degan, de Grangeneuve. Le projet de recherche mené sur dix exploitations sur une période de trois ans montre qu’il y a autant de stratégies que d’exploitations. Toutefois, lorsque c’est possible, la première intervention mécanique doit avoir lieu à la herse étrille une semaine après l’implantation afin de détruire les adventices au stade «fil blanc». Il est important que les passages suivants interviennent à un stade suffisamment précoce après la levée des indésirables, en veillant à disposer de buttes avec assez de terre pour éviter le verdissement des tubercules.

Ravageurs: forte pression des doryphores

André Chassot, responsable du service phytosanitaire cantonal à Grangeneuve, a rappelé l’importance de bien connaître le cycle de reproduction du doryphore pour lutter efficacement contre cet insecte très présent cette année en raison de conditions climatiques idéales. «Depuis cette année, il est possible de s’inscrire au programme de non-recours aux produits phytosanitaires, avec lequel seul l’insecticide biologique Novodor (produit à base de Bacillus thuringiensis) est autorisé. Un subside de CHF 800.- par hectare est accordé dans ce cas». Selon Reto Flückiger d’Andermatt Biocontrol, les deux traitements successifs doivent avoir lieu par beau temps et intervenir idéalement lorsque le ravageur se trouve aux deux premiers stades de développement (larves jusqu’à 3-4 mm). Le produit reste cependant efficace sur les individus jusqu’à 10 mm. Avec un coût par passage d’environ CHF 185.- (dosage de 4 à 5 l/ha), le subside accordé couvre amplement le surcoût généré par les deux ou trois passages requis.