Irrigation a grande échelle contre le gel
Pour protéger ses cultures fruitières contre le gel, l'exploitation fruitière Eichenberger, située à Uhwiesen, mise depuis de nombreuses années sur l'irrigation antigel. Elle a mis en œuvre cette protection samedi matin, pour la première fois de la saison.
30.03.2026
Ce sont des œuvres d'art impressionnantes, mais éphémères, en lesquelles se sont transformés tôt ce samedi matin les vergers de fruits à pépins et à noyau de l'exploitation fruitière Eichenberger à Uhwiesen (ZH), grâce à l'eau et à la glace. Ce phénomène est dû à la mesure de protection contre le gel mise en œuvre par l'arrosage en couronne. Des asperseurs distribuent ainsi 3 à 5 litres d’eau par heure et par mètre carré sur toute la surface des arbres fruitiers. Lorsque cette eau entre en contact avec une partie solide, telle qu’une fleur, un bourgeon ou encore une branche, ainsi que des fils métalliques, elle forme une couche de glace de plus en plus épaisse. «Peu après minuit samedi, les températures sont tombées bien en dessous de zéro, ce qui nous a amenés à mettre progressivement en service les installations d’irrigation à Uhwiesen, Rudolfingen et Büsingen», explique Erik Eichenberger. Au lever du soleil, on a même mesuré -6,5 °C. Ce n’est qu’au cours de la matinée que le point de rosée est remonté, permettant d’arrêter l’irrigation.
L’exploitation utilise cette méthode depuis 2018. Auparavant, elle avait recours à des systèmes de chauffage antigel équipés de bougies et d’un booster qui soufflait de l’air chauffé par un brûleur sur les côtés des vergers, mais qui ne donnait pas de résultats satisfaisants. Au départ, l’exploitation utilisait l’eau du réseau d’approvisionnement pour les parcelles d’Uhwiesen. Mais depuis quelques années, un grand projet d’irrigation a été mis en œuvre, qui utilise désormais l’eau du Rhin. Celle-ci est prélevée en amont des chutes du Rhin et pompée jusqu’aux vergers. Dans le périmètre du réseau, cela permet également d'irriguer les cultures agricoles.
L'arrosage antigel repose sur un phénomène physique. Lors du passage de l'eau liquide à la glace solide, les molécules d'eau s'organisent en un réseau cristallin fixe. Ce processus libère environ 330 kilojoules de chaleur de solidification par litre d'eau. La «chaleur résiduelle» générée lors de la formation de glace autour des pousses, des fleurs et des parties fructifères, appelée « chaleur de cristallisation » en jargon technique, est restituée vers l’intérieur. Grâce aux propriétés physiques, cette chaleur libérée protège ainsi les parties de la plante contre le gel. L’irrigation ne doit toutefois être interrompue que lorsque le dégel commence, à des températures supérieures à zéro. RoMü


