Stocker l'électricité solaire avec du bois

Avec l’énergie solaire excédentaire durant les mois d’été, le bois-énergie peut être séché durant cette saison et ainsi augmenter son contenu énergétique de manière significative.

14.12.2022

Afin de garantir un approvisionnement complet en énergies renouvelables pendant toute l’année, il faut entre autres développer d’énormes capacités de production d’électricité solaire et éolienne. Le parc d’installations devra être conçu de sorte à satisfaire la consommation de pointe pendant le semestre d’hiver. Même la prise potentielle de mesures visant à casser les pics de consommation en hiver ne pourra empêcher les excès de production durant les mois d’été, notamment sous forme d’électricité solaire. Il s’agira de stocker les excédents de manière appropriée, par exemple à l’aide de batteries de stockage, d’accumulateurs de chaleur ou, à l’avenir, de la transformation d’électricité en hydrogène. Une autre solution – peu abordée, malgré le fait qu’elle offre une mise en place assez rapide, un prix relativement avantageux et un écobilan favorable – consisterait à sécher le bois en utilisant les excédents d’électricité solaire.

L’énergie non vendue en été servirait à sécher le bois et augmenterait ainsi contenu énergétique. Cette énergie est pour ainsi dire « stockée dans le bois » et utilisée en hiver. Le procédé du séchage est très efficient, car la consommation d’énergie est nettement inférieure au surplus d’énergie ainsi généré. Ce qui paraît presque invraisemblable répond pourtant aux lois de la physique. Ce phénomène s’explique comme suit: prenons un kilogramme de plaquettes forestières fraîches. Leur teneur en eau s’élève à 50%. Ainsi, un kilogramme de plaquettes forestières contient 500 g d’eau et 500 g de masse bois. Le calcul présenté comme exemple ici porte sur un mélange de plaquettes composé de hêtre et d’épicéa. Ce mélange présente un contenu énergétique de 2,21 kWh par kilogramme. Afin d’obtenir une teneur en eau de 15% pour ces plaquettes forestières, il faut faire évaporer 350 g d’eau, ce qui fait baisser le poids d’un kilogramme de plaquettes à 650 g. La masse bois pèse toujours 500 g, mais le poids de l’eau diminue à 150 g. Ces 150 g d’eau correspondent à 15% du poids de départ des plaquettes forestières, si bien qu’elles présentent maintenant une teneur en eau de 15%. Le contenu énergétique de 650 g de plaquettes forestières avec une teneur en eau de 15% se situe à 2,7 kWh. L’énergie contenue dans ce bois est donc supérieure de 0,5 kWh à celle des plaquettes avant leur séchage. Le calcul pourrait naturellement se faire aussi en assumant un séchage pour obtenir 20 ou 25% d’eau. L’augmentation du contenu énergétique du bois serait plus faible, mais l’énergie dépensée pour le séchage se réduirait en conséquence, puisqu’on aurait moins d’eau à faire évaporer.

Source: Energie-bois suisse